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En octobre 2010, je recevais reçu un appel de Gilles Latulippe. Il me disait qu’il aimerait reprendre la route, mais pas de n’importe quelle manière, oh que non, rien de moins qu'une tournée à la Jean Grimaldi. À l’époque, la troupe partait en voiture et parcourait villes et cantons, là où très souvent le bon vieux curé de paroisse voulait bien les accueillir. La plupart du temps, elle se retrouvait dans le sous-sol de l’église et donnait son spectacle. Simplicité oblige ! Pas de décor, peu d’accessoires et costumes. Ces saltimbanques se débrouillaient avec ce qu’il y avait sur place. Même que, dans plusieurs localités, les spectateurs apportaient leur chaise !
Notre Latulippe national est sans aucun doute le dernier représentant de cette époque qui fait partie de nos mœurs et de notre culture. Gilles me disait récemment : « Normand, j’aimerais aller en région comme dans le bon vieux temps. J’ai un show comme on en faisait à l’époque du burlesque, des cabarets. J’ai pas besoin de grand-chose: trois chaises, trois acteurs, un magicien comique, un technicien éclairagiste sur place, une scène et on démarre la machine. »
N’allez pas croire que tout est improvisé. Loin de là. Notre comique a pigé dans son sac à malice des numéros classiques et éprouvés qui font rire depuis des décennies.
« Ça n’existe à peu près plus de nos jours et ça attire toujours des foules. Le monde rit du début à la fin. »
Son public l’adore et le suit depuis des années. Il en a vu des générations depuis le temps. Il n’y a pas seulement les gens de l’âge d’or comme public, non, non… dur à croire, vous direz, mais son auditoire se renouvelle sans cesse. Parmi l’assistance du théâtre d’été qu’il dirige depuis 16 ans au Centre culturel de Drummondville, on compte des centaines de jeunes ! Latulippe fait partie des phénomènes ! Son théâtre d'été est l'un des rares à poursuivre sa saison jusqu’au 11 septembre. Un exploit ? Je ne sais pas… mais une chose est certaine, c’est qu’on l’aime comme on aime les Guimond, La Poune, etc.
La tournée a eu lieu et ce fut un succès. Se rappelant de bons souvenirs et de l’accueil chaleureux du public en Ontario et au Nouveau-Brunswick, il m’a relancé en me disant qu’il aimerait y retourner. « Si je fais une tournée tous les 15 ans, le pense que c’est ma dernière, lance-t-il. »
L’automne prochain, invitez-le chez lui, organisez-lui une petite fête. Faites ce que vous ressentez. Invitez des gens qui l’aiment et Gilles ira les voir à la fin du spectacle. Rendons-lui hommage.
Normand Gélinas


